Les cardinaux préparent l'avenir
Posté: 2005 Avr 05 - 21:28
• CITE DU VATICAN (Reuters) - Une marée de fidèles se presse dans la basilique Saint-Pierre pour rendre un dernier hommage à Jean Paul II, alors que l'Eglise catholique se prépare aux funérailles de vendredi et à la succession du pape polonais.
Malgré la fraîcheur des températures au lever du jour, des dizaines de milliers de personnes faisaient la queue pour pouvoir se recueillir devant la dépouille du pape, transférée lundi vers la basilique depuis la Salle Clémentine du Vatican.
"Il nous a témoigné tellement d'affection durant son long pontificat. Le moins que l'on puisse faire est de lui rendre cette tendresse à notre tour", déclarait Fransesca Illiano, une jeune Napolitaine de 16 ans qui a veillé toute la nuit au son des prières diffusées par un haut-parleur.
"Il a fait très froid cette nuit, mais nous sommes tous chaleureux les uns envers les autres. Les gens se prêtent des couvertures et prient ensemble", ajoutait après cinq heures d'attente Lina Cardella, venue elle aussi de Naples avec son mari et ses deux enfants.
Plus loin, sept adolescents de Foggia, dans le sud de l'Italie, arboraient le même tee-shirt, sur lequel figuraient le visage du pape et les mots suivants: "Tu seras toujours dans nos coeurs".
AFFLUX SANS PRECEDENT
Jusqu'à deux millions de personnes sont attendues pour les obsèques du pape, vendredi, auxquelles assisteront également quelque 200 dirigeants du monde entier, dont George Bush, Jacques Chirac, Tony Blair, Gerhard Schröder ou le président iranien Mohammad Khatami.
L'afflux de pèlerins, sans précédent, est tel que de nombreuses personnes campent dans les rues de Rome où la municipalité a fait installer des tentes pour abriter les visiteurs.
Jean Paul II sera inhumé vendredi dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, comme il est de coutume pour les souverains pontifes.
Les 117 cardinaux se réuniront en conclave dans les deux à trois semaines pour désigner son successeur sur le trône de Saint-Pierre. Aucun favori ne semble aujourd'hui se dégager et les supputations sur l'identité du prochain pape vont bon train.
Les 65 premiers cardinaux arrivés à Rome ont décrété lundi que le corps du pape resterait exposé dans la basilique trois jours et trois nuits, jusqu'aux funérailles, pour permettre à un maximum de pèlerins de lui rendre un dernier hommage.
Quatre gardes suisses en uniforme cérémonial encadrent le catafalque sur lequel repose le pape, un crucifix d'argent sous un bras, un chapelet dans les mains.
A leur passage souvent furtif devant la dépouille de Jean Paul II, de nombreux fidèles prennent des photographies avec leur téléphone portable.
"L'OCCIDENT N'EST PAS PRET POUR UN PAPE NOIR"
Quelques heures seulement après l'ouverture au public de la basilique, la télévision publique italienne rapportait qu'un demi-million de personnes avaient déjà salué le pape.
"Il y a une marée humaine parce que ce pape a enflammé notre foi", commentait l'évêque Angelo Comastri, vicaire du Vatican.
Lundi, certains cardinaux discutaient ouvertement du vote à venir pour désigner le successeur de Karol Wojtyla. Certains laissaient entendre que leur préférence irait à un prélat issu d'un pays en développement d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine.
D'autres pensaient que le prochain guide spirituel des 1,1 milliard de catholiques devrait rester fidèle à la doctrine conservatrice incarnée par Jean Paul II.
"Je ne sais pas pour qui je voterai, mais il est possible qu'un pape africain soit choisi", déclarait à Reuters le cardinal ghanéen Peter Turkson avant de quitter Accra pour Rome.
Le cardinal sud-africain Wilfried Napier disait: "Ce serait bien que (le prochain pape) soit quelqu'un du Sud, où la foi est vécue avec enthousiasme et pas seulement comme une coutume".
Mais selon le cardinal ivoirien Bernard Agre "l'Occident n'est pas prêt psychologiquement et spirituellement à accueillir un pape noir".
L'un des noms le plus souvent cité est celui du cardinal allemand Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Mais le cardinal polonais Francis Arinze estime que "son âge avancé" pourrait jouer en sa défaveur.
Trois jours après sa mort, les hommages au pape Jean Paul II continuent d'affluer de par le monde.
Lundi, le dirigeant cubain Fidel Castro a salué dans un livre de condoléances à la nonciature de La Havane le "guerrier infatigable de l'amitié entre les peuples, ennemi de la guerre et ami des pauvres". Castro n'assistera toutefois pas aux funérailles, a annoncé son entourage. |